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La
Cristallisation
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Avec le professeur
Pierre André Bourque de l'Université Laval au Québec voyons le
détail du processus. |
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Les processus : |
Cristallisation
d'un liquide qui, par refroidissement, passe de l'état liquide à
solide.
Exemples : passage
de l'eau à la glace; cristallisation par refroidissement d'un
magma*.
Précipitation
chimique à partir d'une solution sursaturée par rapport à un
minéral.
Exemples : la
formation des agates*; la formation des dépôts de cavernes (spéléothèmes)*;
les minéraux de la séquence évaporitique*.
Cristallisation de
vapeurs.
Exemple : la
cristallisation du soufre autour des fumerolles (émanations de
gaz riches en H2S provenant de la chambre magmatique)
sur les volcans.
Transformation
(recristallisation) de minéraux existants en formes cristallines
différentes de l'original.
* Exemples
présentés ci-dessous.
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La cristallisation par
refroidissement d'un magma |
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Nous savons tous que
la matière peut exister sous trois états, solide, liquide ou gazeux.
La température et la pression sont les deux principaux facteurs qui
règlent l'état sous lequel se trouve la matière. Le diagramme qui
suit se nomme un diagramme de phases; c'est celui de l'eau. Il
illustre de façon simple les relations entre états de la matière et
température-pression. |
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Il montre que l'eau
peut exister sous trois états, solide, liquide ou gazeux (vapeur), selon les conditions de température et pression. On voit par
exemple, qu'à pression ambiante (1 atmosphère), on n'obtiendra
jamais de l'eau liquide plus chaude que 100° C, mais qu'à pression
plus élevée, cela est possible; c'est le cas de la cocotte-minute.
Tout au long des courbes solide-liquide et liquide-vapeur, les deux
phases sont en équilibre. Au point triple, les trois phases sont en
équilibre. Après le point critique, défini par la température
critique (Tc) et la pression critique (Pc), les phases liquide et
gazeuse ne peuvent plus être distinguées. De tels diagrammes ont été
construits pour plusieurs minéraux et sont très utiles pour
connaître l'état de ces minéraux sous des températures et pressions
variables comme c'est le cas à l'intérieur de la croûte terrestre ou
du manteau. Ainsi, chaque minéral possède son point de fusion
(passage du solide au liquide) qui correspond aussi à son point de
cristallisation (passage du liquide au solide) à une pression
donnée.
Plusieurs minéraux de
la croûte terrestre cristallisent à partir d'un magma, c'est-à-dire, de la roche fondue. Cette cristallisation obéit à certaines règles.
Dans un magma dont la température est supérieure à 1200° C, comme au
niveau du manteau supérieur par exemple, les minéraux sont tous sous
leur phase liquide. Si ce magma est introduit dans la croûte
terrestre, il subit un abaissement de pression et se refroidit
progressivement. En supposant qu'on maintienne la pression
constante, c'est-à-dire, à un niveau constant dans la croûte, les
minéraux cristallisent lorsqu'ils atteignent la température
correspondant à leur limite solide-liquide (température de
cristallisation). Comme cette limite n'est pas la même pour tous les
minéraux, ceux-ci ne cristallisent pas tous en même temps, mais à
tour de rôle, selon leur température de cristallisation, à mesure
que se refroidit le magma. C'est ce qu'exprime le diagramme qui
suit.
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Avec un abaissement de
la température du magma, les minéraux dont la température de
cristallisation est la plus élevée sont les premiers à cristalliser.
Le premier est l'olivine. Le second groupe à se former comprend les
pyroxènes. A ce stade, le magma aura épuisé son bagage en olivine.
Puis avec la cristallisation des amphiboles, puis de la biotite, le
bagage en pyroxènes est épuisé. Avec l'abaissement progressif de la
température, suivent le quartz, les feldspaths potassiques et la
muscovite. On a donc une suite de cristallisation bien définie, contrôlée par la température. On appelle cette suite une suite
discontinue, parce qu'il s'agit dans chaque cas de minéraux
distincts (composition et structure cristalline distinctes). Dans ce
diagramme, il y a aussi une suite continue, celle des feldspaths
plagioclases. On dit une suite continue, parce que la seule variable
significative est la proportion de calcium par rapport au sodium. A
l'extrémité "chaude", on a le plagioclase calcique (CaAl2Si2O8, anorthite) et, à l'extrémité "froide", le plagioclase sodique
(NaAlSi3O8, albite).
Cette suite de
cristallisation a été établie par Normand Bowen, en 1928. Elle
demeure valide dans ses grandes lignes, mais dans le détail, il y a
des variations selon les conditions locales, comme par exemple les
quantités d'eau ou de gaz dans les magmas.
A mesure que les
minéraux cristallisent dans la chambre magmatique, i.e. dans la
poche où s'est introduit le magma, les cristaux sédimentent, s'accumulent à la base de la chambre. Il se fait donc une
ségrégation, et les roches issues de la cristallisation du magma
(roches ignées) auront des assemblages de minéraux différents selon
qu'on est à la base, au milieu ou au sommet de la chambre
magmatique. Ainsi, le premiers assemblage à se former est un
assemblage d'olivine et de pyroxènes : c'est l'assemblage
ultramafique. Ensuite, il y a un assemblage de pyroxènes et
d'amphiboles : c'est l' assemblage mafique. Un assemblage
d'amphiboles, biotite et quartz est qualifié d'assemblage
intermédiaire, tandis qu'un assemblage des minéraux les plus
"froids", est qualifié de felsique. On parle donc de roches ignées
ultramafiques, mafiques, intermédiaires ou felsiques (voir plus
bas).
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La formation des
agates |
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Bien qu'à première vue
ce ne soit pas évident, il y a toutes sortes de fluides, de
solutions, qui circulent dans les roches de la croûte terrestre, et
ce, à des profondeurs très importantes, allant jusqu'à plusieurs
kilomètres. Les vitesses de circulation ce ces fluides sont très
lentes, mais il faut se placer dans une perspective de temps
géologique. Ces solutions circulent, entre autre, dans les grandes
fractures. Elles peuvent provenir des zones chaudes du manteau et
être constituées de l'excès de vapeur d'eau d'un magma. Ou encore, il peut s'agir de l'eau qui avait été piégée dans les bassins
sédimentaires profonds. Si ces solutions sont sursaturées par
rapport à certains sels ou minéraux, elles vont les précipiter.
Ainsi, les beaux spécimens à grands cristaux qu'on retrouve dans des
veines proviennent d'un tel processus. L'or et l'argent de ces
veines ont été formés ainsi.
Ces belles géodes ou
ces belles agates qu'on nous vend dans les boutiques de minéraux ont
été formées par la précipitation de minéraux dans une cavité de la
roche, à partir d'une solution. Par exemple, le quartz (SiO2)
des agates a été précipité à partir de fluides sursaturés par
rapport à la silice et circulant dans les formation rocheuses. S'il
y a dans ces formations rocheuses des cavités, comme c'est souvent
le cas dans des roches volcaniques par exemple, le quartz va
précipiter sur les parois de la cavité pour former une première
couche de cristaux.
On aura à ce
stade une géode, c'est-à-dire, une cavité tapissée de cristaux. Avec
le temps et la poursuite de la circulation des fluides sursaturés en
silice, d'autres couches vont successivement se former. Leur
composition peut varier avec des variations dans la composition des
fluides. C'est ce qui produit souvent des
différences de couleurs entre les diverses couches d'une agate.
Certaines agates montrent une cavité centrale, comme dans
l'illustration, simplement parce que les processus de précipitation
n'ont pas été complétés jusqu'au remplissage total de la cavité.
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